Etude MPLP : Trois travailleurs âgés sur quatre malades avant la pension

Travailler plus longtemps : voilà qui, depuis belle lurette, n’est plus un tabou au PS. Sur cette question, le D. Dirk Van Duppen (spécialiste santé du PTB) jette un pavé dans la mare des négociations : une vaste étude de Médecine pour le Peuple, auprès de 2 300 patients entre 55 et 65 ans, prouve que, sur le plan médical, la suppression de la prépension a de très lourdes conséquences.

« Nous devons tous travailler plus longtemps, ou nous ne pourrons plus payer les pensions. » Ce refrain, nous l’avons entendu des milliers de fois. Certains politiciens, comme Frank Vandenbroucke (sp-a) et Vincent Van Quickenborne (Open VLD), ajoutent bien que, certes, « c’est plus facile pour un politicien ou un intellectuel que pour un ouvrier du bâtiment. » Cela ne change rien à la question : qui peut encore travailler trois ans de plus, ou jusque 65 ans ? Voit-on une institutrice maternelle de 60 ans encore animer 25 petits enfants ? Une infirmière de cet âge faire la toilette d’un lourd patient ? Une aide-soignante pour les personnes âgées ? Un professeur de 60 ans continuer à donner cours à des adolescents du secondaire ? Un ouvrier boulanger de 58 ans commencer à travailler à 5 heures du matin pour chauffer les fours durant encore des années ? Et la liste est encore longue.

Le D. Dirk Van Duppen (PTB), président de Médecine pour le Peuple (MPLP), publie une étude réalisée en 2011-2012 par son collègue Karel Van Bever et trois autres médecins généralistes de MPLP. Celle-ci éclaire le problème sous un tout autre angle. Et sa conclusion donne matière à réfléchir à nos politiciens – et particulièrement aux partis du nouveau gouvernement. Au niveau purement médical, l’enquête révèle que, pour la majorité des 55 ans et plus (55+) – ceux que nos politiciens décident sans états d’âme de faire travailler plus longtemps –, continuer leur boulot est devenu presque impossible, tant c’est devenu pénible, aux plans médical et humain.

D’autres études auprès des 55+ – entre autres, celle du gouvernement flamand et du bureau d’enquêtes/agence d’intérim Stepstone – sont arrivées à la même conclusion (lire l’encadré). L’aspect unique de l’étude de MPLP est qu’elle est basée sur des données objectives, émanant du dossier médical des patients des médecins généralistes de 11 maisons médicales : soit 2 294 personnes entre 55 et 65 ans, 1 202 hommes et 1 092 femmes ayant travaillé. Seul le résultat de 59 personnes supplémentaires est incertain.

Les 11 maisons médicales de MPLP sont situées dans tout le pays. Ce fait et le nombre des patients examinés constituent une base suffisante pour déterminer l’état d’un groupe d’âge précis. Les conclusions de l’étude sont atterrantes.