La solidarité s’est trouvé un nom : ManiFiesta

C'est dans une ambiance festive que ManiFiesta a recueilli un grand succès. Pour Rik Vermeersch, directeur de l'événement, Flamands, Wallons et Bruxellois se sont déplacés parce qu'ils parlent tous la même langue : celle de la solidarité.Lors de la première édition, l'an dernier, nous n'avions pas eu de chance avec la météo (tempête et averses !) et l'organisation avait souffert de quelques maladies de jeunesse. Cette année, tout a marché comme sur des roulettes, et sous un soleil éclatant. Le directeur de ManiFiesta, Rik Vermeersch, se réjouit : « Cette fois, nous avons pu offrir une fête à la hauteur des attentes des organisateurs, Médecine pour le Peuple et Solidaire : un événement sous le signe de l'ouverture, avec débats politiques, nombre d'activités culturelles, une vraie fête de la solidarité. Ou, comme l'a écrit Le Soir : « ManiFiesta : soleil, politique et mojito. »

Les visiteurs de ManiFiesta n'ont exprimé que des compliments sur le bon déroulement de la fête, la diversité de notre programme et, surtout, l'ambiance fantastique. Il y avait de l'espace bien adapté à la circonstance, à manger et à boire à volonté, une foule d'organisations progressistes et un large choix de spectacles et de débats. Et, bien sûr, la mer et un temps superbe.

ManiFiesta est un festival comme on n'en rencontre nulle part ailleurs, nous a-t-on dit. Cette manifestation veut également délivrer un message. « Wallons, Flamands et Bruxellois démontrent, ensemble, qu'une autre société est possible, une société reposant sur la solidarité et l'unité, lance Rik Vermeersch. On peut presque dire que, par son ambiance, son contenu et son organisation, cette fête incarne en quelque sorte le socialisme en Belgique. »

Un grand « moment central »

Ce sentiment était palpable lors du « moment central » de 17 heures, sous une tente pleine à craquer. Ferre Wijckmans, de la CSC, et Daniel Van Daele, de la FGTB, ont pris la parole au nom de leurs syndicats respectifs. Le premier a déclaré qu'il enviait quelque peu l'organisation de la fête, et le second a assuré que, lors de la prochaine édition de ManiFiesta, il y aurait certainement un stand de la FGTB. Après les interventions appréciées des représentants du Printemps arabe d'Egypte et de Tunisie, les épouses de deux des Cuban Five ont été longuement ovationnées.

Le Prix Solidaire a été attribué à la plateforme Pas en notre nom-Niet in onze naam, qui a pris des initiatives courageuses comme la Révolution des frites et une soirée fort médiatisée au KVS (Théâtre royal flamand), contre la scission du pays et le nationalisme. Et, à l'occasion du 40e anniversaire de Médecine pour le Peuple, hommage a été rendu à son fondateur, Kris Merckx, de Hoboken, et à Eva Meeus, de la maison médicale de Herstal.

Last but not least, Peter Mertens, le président du PTB, a prononcé son discours, dans lequel, de manière très claire, il a expliqué les enjeux et défis de la crise, et de la résistance des Grecs et des Portugais. Quelqu'un de Groen! l'a applaudi avec enthousiasme, déclarant : « Je ne suis pas membre du PTB, mais ce qu'il dit est totalement juste. »

Batteries rechargées pour les futurs défis

L'énorme diversité du public était étonnante. Le Pukkelpop, Werchter, Dour... chaque festival a son public spécifique. A ManiFiesta, on voit toutes sortes de gens : jeunes, ouvriers, employés, fonctionnaires, pensionnés, profs, immigrés... très souvent avec leurs enfants. C'est aussi une vraie fête de famille. « Il était aussi frappant de voir la présence de nombre de responsables d'organisations, poursuit Rik Vermeersch. Plusieurs d'entre eux m'ont dit que notre fête avait rechargé leurs batteries pour affronter les grands défis à venir. »

Tel est également l'avis de Guy Peeters, président des Mutualités socialistes. Tout de suite après la fête, il a envoyé un mail à Dirk Van Duppen, président de Médecine pour le Peuple : « ManiFiesta est une fête que je voudrais voir plus souvent. Une ambiance chaleureuse où l'on sent vraiment la solidarité, où sont menés des débats ouverts, avec des représentants de différents courants d'opinion, des gens d'origines sociales diverses qui, entre musique, stands et débats, ont une certitude en commun : ce type de société est réellement réalisable. Tous mes remerciements et vœux pour votre journée. Elle me redonne de l'espoir ! »

Paëlla, moules et chili con carne

Monter 60 tentes, présenter une grande diversité de programmes, offrir à manger et à boire à 7 500 participants... « Et, tout cela, sans engager un seul professionnel ! Rien qu'avec des bénévoles, ajoute fièrement Rik Vermeersch. Et nous continuerons comme cela. La plupart des bénévoles sont du PTB, mais pas seulement. Je voudrais vivement tous les remercier du gigantesque travail accompli. Grâce à eux, nous avons pu maintenir un prix modeste : 5,50 euros pour une paëlla ou un chili con carne. Imbattable, non ? Le PTB d'Anvers a préparé de délicieuses moules pour moins de 12 euros, et 850 portions ont été dégustées... »

Ce bilan est bien prometteur pour la prochaine édition. « Je suis convaincu qu'un grand nombre de participants reviendront l'an prochain, précise Rik Vermeersch. C'est ce qu'ont assuré tout ceux qui remontaient dans les bus affrétés pour l'occasion, ajoutant qu'ils amèneraient également amis, collègues et connaissances. Quelle meilleure publicité que l'avis de milliers de gens satisfaits ? »

Samedi dernier, ManiFiesta a démontré qu'elle peut devenir un événement encore bien plus important. Parce qu'elle est le signe d'un courant de fond qui, au cours des prochaines années, augmentera et sera bien visible. Parce qu'elle soutient les gens qui veulent la solidarité et l'unité, la résistance face à la crise, de vraies alternatives.

Et Rick Vermeersch de conclure : « Nous voulons tout mettre en œuvre pour encore faire grandir notre fête et l'améliorer. Toutes les suggestions sont les bienvenues. »