La solidarité
Soumis par Eric Hufkens le lun, 24/01/2011 - 01:00
Ce weekend était placé sous le signe de la solidarité : la solidarité entre les gens de différentes régions du pays.
Les préparatifs avaient déjà commencé le week-end passé. Des multiples initiatives de protestation contre la situation politique actuelle en Belgique, j’ai choisi de suivre l’appel lancé par l’acteur Poelvoorde, de laisser pousser sa barbe. Le résultat esthétique est peut-être douteux, mais en tout cas : le chatouillement permanent me rappelle que nous sommes à l’heure de l’action. Ce n’est d’ailleurs pas tellement que je veux « un gouvernement ». Je veux un gouvernement qui s’occupe des problèmes des gens. Ce n’est pas une scission du pays qui résoudrait les problèmes de logements de mes patients, ni leurs problèmes des conditions de travail, le manque d’emploi, les factures d’hôpital trop élevées, etc. Mais ce n’est pas du tout gagné qu’un gouvernement qui ne veut pas la scission (toute de suite) n’exécutera pas le reste du programme antipopulaire !
Premier étape, le vendredi soir : visite de l’équipe de la maison médicale de Marcinelle à la maison médicale « sœur » de Deurne, à l’occasion de leur fête de nouvel an. J’y ai travaillé 10 ans. C’est donc chaque fois avec plaisir que j’y retrouve les collaborateurs de Deurne, les patients et amis d’Anvers. L’accueil était chaleureux. Plus inattendu, mais au moins autant intéressant, étaient les discussions que j’ai eu avec les jeunes de l’équipe de Deurne : comme avec Erlijn, infirmière, avec laquelle j’ai eu une échange d’idées sur le rôle et le profil d’une infirmière dans une maison médicale de MPLP. Honnêtement, nous n’avons pas résolu tous les problèmes autour de cette question pendant la soirée, mais nous étions fort accord sur un constat : les expériences du nord et du sud, assez similaires et en même temps un peu différentes, peuvent mutuellement s’enrichir pour arriver à une synthèse plus riche. Après cela, j’ai fait un brainstorming avec Steve, un des jeunes médecins de Deurne, qui prépare un projet ambitieux sur les conditions de travail et sur le développement d’un outil pour les travailleurs pour pouvoir réagir… Avec lui, j’ai partagé les expériences que j’ai avec le projet sur les troubles musculo-squelettiques à Charleroi (des maladies de surcharge du travail) et du rôle et de l’importance des délégués syndicaux dans la prévention de ces maladies.
Il y en a qui disent qu’il faut scinder le secteur des soins de santé, parce dans le nord et le sud du pays, il y aurait « une autre culture » des soins. Sans doute, il y a des différences. Mais les questions essentielles sont les mêmes et les petites différences peuvent aider à voir les problèmes sous un autre angle.
Deuxième étape : la manif à Bruxelles. Là aussi, l’équipe de la maison médicale était bien représentée. Une manifestation colorée, où beaucoup des participants se sont montrés très créatifs pour exprimer leur mécontentement avec « la politique ». Espérons que cela sera le début d’un mouvement populaire, qui imposera une politique populaire. Sinon, je laisse ma barbe…



