[Journal J14] Soberania Alimentaria: ne plus jamais avoir faim
Soumis par Sofie Blancke le sam, 26/02/2011 - 17:34
Nous, à Yaracuy, étions un petit peu envieux de voir nos collègues sur des photos du blog portant leurs casques lors d’une visite de la grande usine métallurgique Sidor à l’autre bout du pays.Mais aujourd’hui le tir a été rectifié : nous avons visité les terrains de la toute nouvelle Mission Agrovenezuela. Et nous avons maintenant aussi notre photo avec un casque, rouge ! (voir reportage photo Nele)
Le gouvernement a tiré sa leçon du coup d’état et de la grève nationale qui en résultait en 2002.L’opposition a paralysé le pays entier et comme beaucoup de propriétaires de grandes entreprises responsables de la distribution d’alimentaire appartiennent à l’opposition, ils ont affamé les gens pendant 2 mois. Pour éviter pareil désastre le gouvernement essaie de stimuler les grands secteurs alimentaires, de construire et même de reprendre des entreprises. Ce projet est baptiséMissiónAgro Venezuela. Après seulement 6 mois d’existence et 500.000 paysans affiliés ce projet dépasse toutes les attentes.
Nous avons commencé notre visite dans un grand « magasin agricole » d'Agropatria. C'est la plus grande chaîne de magasins (94) d’articles d'agricoles (comparable à Aveve), ils fournissent non seulement les semences, les machines agricoles, l'engrais et les produits chimiques agricoles, mais aussi les crédits. Après la récolte, ils achètent le maïs et les entreposent dans des grands silos.
Evaristo nous raconte qu’Agropatria est nationalisée depuis octobre 2010 . Nous avons demandé quelques renseignements supplémentaires au groupe de base de Camunare, la commune ou se trouve Agropatria: comment se passe une nationalisation ? Avec l'armée ? En utilisant de la violence? Non, non, rient-t ‘ils mais bien grâce à notre force : avec le peuple ! Nous avons tous ensemble manifesté pendant des mois au parking de l’entreprise, et partout ailleurs dans le pays. Les paysans en avaient mare. L'ancien Agroisleña (propriétaires espagnols), « vendait » les subventions destinées aux paysans 3 fois le prix. Ici même, et dans d’autres vallées beaucoup d’enfants souffrent de malformations congénitales à cause des produits chimiques agricoles toxiques qu’Agroislena nous vendait. C’est grâce à ce mécontentement, cette révolte, que le gouvernement a pu nationaliser, racheter Agroïsleña.
Nous visitons la société. Tous les ouvriers ont gardé leur travail à un salaire supérieur et les prix des produits agricoles ont diminué de 40 à 50% pour les paysans. Le jeune coordinateur, un ingénieur agronome, montre fièrement la salle de direction qui est devenue la salle de conférence des employés et des agriculteurs. Il nous guide à travers l’entreprise. En visitant le hangar où sont stockés les produits chimiques, il nous explique que la société se trouve dans une phase de transition avec l’intention de passer à long terme à des méthodes agricoles durables. Nous visitons aussi le terrain avec les énormes silos. En reprenant cette entreprise le gouvernement détient maintenant 51% des entrepôts de nourriture de base du pays.
Quelques kilomètres plus loin se trouve l’entreprise de production de maïs. Bâti et mis en marche par l’état. On y travaille de façon continue en trois équipes, chaque fois 6 jours puis 4 jours de repos : 2 jours tôt, 2 jours la journée, 2 jours tardive. Chaque jour commence avec uncour de sécurité. Dans cette usine le maïs est réduit en farine avec laquelle les vénézuéliens font les Arepa's, les grosses galettes de maïs, la nourriture de base nationale. Nous avons eu droit à une visite guidée avec casquette et casque… ; -) Le jeune prospecteur nous explique le processus complet. Ce qui reste après l’enlèvement du capuchon jaune et le pépin du maïs, s’appelle l’endosperme : une pelliculede fécule. « Les cornflakes ! », nous nous exclamons en cœur en pensant à nos petit déjeuners. Oui, mais explique-t-il c’est cru. Des machines énormes moulent de plus en plus finement le maïs jusqu'à ce que cela devienne de la farine. Le cercle est rond. Le stock de la nourriture nationale est assuré : plus jamais dépendant et plus jamais faim !.
PS : Camunare est appelé Camunare Rojo = Rouge, Aah notre Zelzate à nous !



