Maggie De Block veut faire des économies sur le compte des maisons médicales.

Médecine pour le Peuple et le PTB rejettent l’audit du bureau KPMG et de Maggie De Block

L’audit mené par le bureau de consultance KPMG sur le fonctionnement des maisons médicales n’a pas débouché sur les résultats escomptés par Maggie De Block. Pourtant, la ministre des Affaires sociales et de la Santé Maggie De Block (Open Vld) veut continuer à mettre des bâtons dans les roues de ce secteur.

Lundi 22 janvier, les résultats de l’audit sur les maisons médicales ont été présentés dans les bâtiments de l’INAMI. Comme cela avait été annoncé, le moratoire sur les nouvelles maisons médicales a également été levé à cette occasion. C’est un grand soulagement pour le secteur, des nouvelles structures en attente pourront ouvrir. Mais, pour Médecine pour le Peuple et le PTB, il est clair que cet audit ne poursuivait qu’un seul but : appliquer des économies sur le budget des maisons médicales. La ministre De Block a d’ailleurs choisi de commanditer cet audit à KPMG, un bureau connu pour son lobbying en faveur de la privatisation des soins de santé. Cet audit ne traite donc que de chiffres et ne consacre aucune place à la qualité des soins. De plus, cet audit n’effectue pas de comparaison avec la médecine à l’acte, et c’est un choix conscient. Sur son site internet, la ministre De Block le confirme elle-même : « Il s’agit de l’audit d’un seul système avec pour objectif de pouvoir optimaliser celui-ci. »

« La ministre pratique le deux poids deux mesures et opte volontairement pour une analyse des seules maisons médicales, observe le Dr Sofie Merckx, spécialiste santé du PTB et médecin à Médecine pour le Peuple. Par cet audit, elle veut justifier ses mesures d’austérité sur ces maisons médicales sociales, alors qu’elle ne touche pas du tout aux salaires souvent exubérants des médecins spécialistes. L’Agence inter-mutualiste (AIM) avait déjà publié le 8 décembre 2017 une étude scientifique qui, elle, compare bel et bien le coût et la qualité des deux systèmes. Il en ressort que, par rapport à la médecine à la prestation, les maisons médicales offrent une qualité meilleure pour le même prix. »

La ministre parle de « combinaison de sources de financement » et de « surfinancement ». Les maisons médicales sont pourtant très ouvertes sur leur financement. Un rapport d’activités est introduit chaque année auprès de l’Inami. Tout comme les hôpitaux et les médecins généralistes, les maisons médicales reçoivent des subsides pour du personnel complémentaire, comme du personnel d’accueil. Cela apporte une grande valeur ajoutée en termes de qualité.

Par ailleurs, certaines maisons médicales mettent chaque année de côté une partie de leurs moyens de fonctionnement pour des investissements à long terme. De plus, les maisons médicales offrent des soins complémentaires avec des psychologues, des assistants sociaux ou des diététiciennes, ce qui rend ainsi ces formes spécifiques de soins plus accessibles.

La ministre De Block avait dès le départ décrété que le budget des maisons médicales était en trop grande augmentation. C’est pour cette raison qu’en 2017, elle avait déjà rogné 4,5% sur leur budget. Or l’étude de KPMG montre que, si le montant total a augmenté, c’est tout simplement en raison de nouveaux patients et de nouvelles maisons médicales. Le budget moyen par maison médicale n’a, lui, pas augmenté.

La ministre donne aussi à entendre que les maisons médicales touchent de l’argent de manière illégitime pour des patients qui ne viennent plus et que ceux-ci seraient désinscrits de manière sélective. Mais aucune preuve fondée n’est avancée à cette allégation. Au contraire, les maisons médicales soignent justement 42 % de patients ayant un bas revenu, par rapport à 19% de la population totale.

La ministre De Block met désormais sur pied un groupe de travail chargé d’émettre des recommandations pour de nouveaux critères et de nouvelles lignes de conduite. « Les exemples que cite la ministre sur son site internet montrent toutefois que son intention originelle – appliquer des économies dans ce secteur – n’a pas changé. Nous craignons donc que ce groupe de travail n’ait pour but que celui de chercher des postes supplémentaires sur lesquels économiser dans ce secteur », souligne Sofie Merckx.

Les besoins sont pourtant très grands. Sur le site internet www.sauvonslesmaisonsmedicales.be lancé par Médecine pour le Peuple, les réactions affluent. Alors que 900 000 Belges reportent des soins de santé pour raisons financières, notre ministre de la Santé poursuit obstinément dans son idéologie néolibérale.

Au contraire, la médecine forfaitaire doit être encouragée afin que chaque patient ait la possibilité d’y accéder. C’est n’est pas pour rien que le réseau wallon de lutte contre la pauvreté a récemment appelé à investir dans de nouvelles maisons médicales.